APU-T : les objectifs des pères de l’indépendance non atteints.
L’Alliance panafricaine UMOJA-TOUMAÏ a organisé une conférence de presse en marge du 65ème anniversaire de la proclamation de la République du Tchad ce, mardi 28 novembre 2023.
Initialement prévue pour se tenir au centre culturel Al-Mouna, la police a investi les lieux et finalement c’est la Bourse de travail de N’Djamena qui a servi cadre à cet échange avec les médias, sous la facilitation de l’Enseignant-Chercheur Dr Evariste Ngarlem Toldé.28 novembre 1958, 28 novembre 2023, cela fait exactement 65 ans que la République du Tchad fut proclamée en prélude de l’indépendance qui interviendra plus tard, le 11 aout 1960.
Selon Naïbeye Koumbairia porte-parole de l’Alliance panafricaine UMOJA-TOUMAÏ (APU-T), par ailleurs, président du parti Panafricaniste du Tchad (PPT), il y a deux mois (28 septembre 2023) qu’un groupe des patriotes membres des partis politiques, d’associations de la société civile et de la diaspora avait lancé un appel demandant le retrait des forces françaises du sol tchadien dans un délais n’excédant pas trois mois. De son avis, l’APU-T fait corps à ce groupe. Il signifie qu’ils sont des acteurs qui ont leur tête sur les épaules et non des réseaux sociaux. Le porte-parole de l’APU-T signifie que la proclamation de la République est un acte politique majeur dans lequel un Etat déclare son statut en tant que République.
« En proclamant la République, l’Etat affirme normalement le principe de la souveraineté populaire. Autrement, le pouvoir émane du peuple et est exercé par ses représentants élus et pour le bien du peuple », renchérit-il. Naïbeye Koumbairia déplore que le Tchad soit proclamé République 65 ans pour rien. Pour lui, tout est dicté par l’extérieur, la constitution du Tchad est voulue et imposée par la puissance coloniale. Il évoque que même l’armée nationale est appelée sur les fronts extérieurs par l’extérieur. Pour APU-T, la souveraineté du peuple est bradée quant au choix de ses gouvernants. Les indicateurs sociaux montrent clairement que les objectifs que les pères de l’indépendance ne sont pas atteints. « Pourquoi la gouvernance politique de notre pays n’a pas produit les résultats escomptés, en dehors de cette commémoration mécanique sans enjeux », s’interrogent les acteurs de l’appel du 28 septembre 2023. Pour l’Alliance panafricaine UMOJA-TOUMAÏ, l’indépendance du Tchad est factice parce que le néo-colonialisme est en cours continue à imposer des valets des systèmes économiques du capitalisme occidental et des politiques extérieures imputable à la puissance colonisatrice. « La France veut être au centre de l’exploitation de nos ressources naturelles (pétrole et l’uranium), en être le planificateurs et l’exécutant. Imposer des dirigeants et constitution, maintenir et pérenniser sa présence militaire et en assurer la sécurité des dirigeants dirigés », relate-t-il. Le porte-parole de l’APU-T signifie que la présence continue des militaires français au Tchad est une insulte à l’intelligence du peuple tchadien et une souillure à la souveraineté nationale.

Nous ne sommes pas un dépotoir de forces du mal chassées des autres pays sahéliens frères.Reconquérir une réelle souveraineté et la libertéNaïbeye Koumbairia et ses camarades de l’APU-T affirme que leur Alliance se veut une réponse à l’existence de notre nation et sa place dans le monde. D’après lui, son objectif est de favoriser le fonctionnement fédératif de toutes les forces progressistes, toutes les associations ou organisations politiques tchadiennes, qui ont en commun le but de contribuer à l’émergence d’une Afrique souveraine intégrée économiquement et politiquement en assumant une volonté de la puissance internationale afin de conquérir la souveraineté tchadienne, sur tous les plans. « Nous voulons libérer notre pays, être une force d’espérance pour notre peuple mais nous voulons aussi et surtout que notre pays soit partie prenante des Etats-Unis d’Afrique », confie-t-il. A en croire Naïbeye Koumbairia, faire partir la force française de notre sol est une question patriotique. Pour lui, le l’APU-T s’inscrit dans une lutte de longue haleine et au-delà d’un slogan c’est un programme qui va être proposé au peuple. Il définit cela comme un chemin de dignité et de la liberté, de l’épanouissement sur tout le plan.Il précise que cette lutte n’est pas contre la communauté internationale. Mais une lutte pour conquérir le droit des tchadien à une coopération décomplexée pour un multipolarisme facteur de paix et de multiculturalisme, soutient-il. L’Alliance Panafricaine UMOJA-TOUMAÏ dit-il, est une coalition d’actions des partis politiques d’associations, d’intellectuels, des citoyens qui ont une vision et qui veulent travailler ensemble pour une éthique de la lutte citoyenne. UMOJA veut dire « unité » pour une raison et « l’espoir de vie », explique Naïbeye Koumbairia.C’est sur une note de l’hymne nationale la tchadienne que cette conférence de presse s’est refermée.
Moyalbaye Nadjasna